Les petits fantômes du quotidien

Nous sortons du cinéma. On est en plein mois d'avril et le temps est magnifique. Au détour de la rue, sur le coin de la place, se trouve le meilleur glacier du centre ville. Je le dévore déjà des yeux avec un regard d'envie qui n'échappe pas à mon compagnon.

Je finis par dire, me dandinant dans mon malaise : "On n'a pas le droit à une glace alors qu'on sort déjà du cinéma. On va dépenser beaucoup trop d'argent, non?" Mon compagnon, qui a souvent des réponses judicieuses à ce genre d'arguments, me demande: "C'est qui le "ON" qui pense toutes ces choses?" A quoi je finis par avouer, dans un murmure: "Ils vont me battre si je dépense autant d'argent pour des bêtises... J'ai peur de me faire battre."Alors mon amoureux, les yeux pleins de malice, plaisante: "Tu la veux à quoi, ta glace? On va jouer un bon tour à ton passé, toi et moi!"

Quelques minutes plus tard, il revient avec à la main ce fameux cornet noisette-pistache, mon préféré. Et je le savoure jusqu'à la dernière goutte, sans que personne ne vienne me retirer ce plaisir par des cris, des baffes ou des reproches... C'en est fini de la maltraitance, sous le soleil d'avril Plume déguste sa glace, à l'abri.
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