Mardi 13 Mai 2008
Le suivi social des anciennes victimes d'inceste
Par Plume, Mardi 13 Mai 2008 à 01:30 GMT+2 dans Le long chemin des thérapies
La première fois que j'ai demandé à être suivie par une assistante sociale, je devais avoir 27 ans. J'avais obtenu un rendez-vous avec une travailleuse d'un centre de santé mentale implanté dans un quartier plutôt défavorisé. Elle m'a écoutée gentiment expliquer en quoi j'avais besoin de son aide, puis m'a sorti bravement la liste de quelques écoles donnant des cours de langues, se demandant visiblement pourquoi je ne faisais pas ces démarches moi-même.
Il semblait aller de soi qu'étant universitaire, je devais être capable de remplir par moi-même documents et formulaires, de rechercher les renseignements dont j'avais besoin et de me débrouiller face aux arcanes de l'administration. Au deuxième rendez-vous, je me sentais terriblement mal à l'aise, avec le sentiment d'occuper une place qui aurait dû revenir à quelqu'un d'autre, quelqu'un de réellement nécessiteux. Au troisième rendez-vous, je me sentais à ce point malvenue que j'ai décidé de laisser tomber.
Pourtant, dix ans plus tard, je bénéficie, dans le cadre d'un service de santé mentale, d'un suivi social qui répond vraiment à mes besoins. Dans ce suivi, je peux discuter et mettre en place les démarches concrètes pour éviter de replonger dans le marasme et la dépression. Je peux aussi discuter très ouvertement des implications de mon passé de maltraitance dans mes démarches administratives et dans ma vie actuelle. La psychothérapie ne permet pas de s'impliquer de cette façon dans les démarches concrètes et quotidiennes de la personne. Seul le suivi social permet de répondre à ce type de besoins.
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