Vendredi 2 Mai 2008
Vivre sans eux (2)
Par Plume, Vendredi 2 Mai 2008 à 15:57 GMT+2 dans Cette histoire-là
Novembre approche. Les jours raccourcissent et le temps se refroidit. Avec le changement d'heure, souffle un vent de déprime : ça y est, c'est l'hiver. Et c'est parti pour durer. Heureusement, pour me remonter le moral, il y a les fêtes. En ville, j'adore les paillettes et les dorures des décorations de Noël, les illuminations dans les rues et les sapins de Noël devant la porte de chaque magasin. Je passe un temps infini dans les boutiques, à scruter le moindre objet, à craquer pour des babioles, à empaqueter des choses à offrir.
Sauf que moi, à Noël, je n'ai pas grand chose à fêter. Ça fait plus de dix ans que je ne vois plus ma famille. Je rassemble des cadeaux pour des amis qui, eux, passent Noël dans leur famille à eux. Cadeaux que je distribuerai à la sauvette, entre deux portes, à des gens qui vont fêter ailleurs, et qui me diront, sur le ton des confidences: "Tu sais, la famille, il n'y a rien de plus chiant... je préfèrerais mille fois fêter Noël entre amis, avec toi."
Moi, je préférerais mille fois avoir une famille, une vraie, une qui ne m'aurait pas maltraitée, violée, puis larguée seule face à la vie. Je préférerais avoir une famille, même chiante, même connasse, même rabacheuse et pleine de conflits, plutôt que cette "association de malfaiteurs" qui m'a détruite et que j'ai dû fuir. Et je préférerais que Noël soit une fête ou au moins un semblant de fête, plutôt que le rappel, chaque année du mal qu'on m'a fait.
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